Les jours de pluie, les esprits refroidissent. Douces vulgarités au Soleil, sous l'emprise de l'eau, nos libidos n'ont plus de raison de se déchaîner. Le temps, dans le domaine météorologique, pas le temporel, nous influence de façon à ce que nous soyons de toute façon en osmose les uns avec les autres.
Le temps ruine chaque moment de notre vie. On ne sait être heureux que quand il fait beau, que « les oiseaux chantent », que la vie semble sourire par l'étrangeté cosmique. En revanche, l'orage, symbole ultime de la toute puissance de notre colère, est effrayant et nous pousse, en un éclair, à haïr le temps.
Le temps ruine chacun de nos sentiments. Par sa longueur, il créé un tapis de poussière, soufflé par les vents émotionnels qui nous viennent du cœur, détruits par les torrents de larmes que nos sentiments houleux viennent recouvrir. Ce n'est pas étonnant que les humains aient le cœur sec: vivre dans le souvenir d'un moment heureux, comme pour s'enfermer dans une temporalité en pause, heureuse et infinie, c'est presque ça le bonheur. D'autres préfèrent avoir le cœur inondé, la facilité étant pour ceux-là de se morfondre, de ruminer sans cesse ces perles de sel, les avaler, les faire rouler, imprimer leurs traces comme jamais sur ces joues que l'on aime marquer. Les claques, de la vie ou des autres, nous aident à rajeunir nos peaux trop souvent touchées par le temps.
Le temps est incompréhensible, imperceptible, impalpable, et pourtant dominé par l'homme. La facilité qu'ils ont, les Hommes, à s'en servir à leur fin autodestructrices, psychologiquement parlant, est juste incroyable.
Le temps est un ennemi, pour certains. Moi, j'ai le temps, je ne suis pressé de rien.
Il y a peu, le temps était neutre. Je me suis énervé, et il a plu, j'ai aimé et il a fait beau.
Il y a peu, j'ai pris un an de plus en un jour, ce fut rapide.
Maintenant, j'attends qu'il me voit, et c'est long.
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