Parfois, il suffit d'un film.
Il suffit d'un film pour te faire comprendre, il suffit d'un film où tu te vois, où tout est clair, agencé comme il faut, où l'intrigue est intelligemment tournée, où le cadre est exactement comme ton univers mental pour comprendre.
Ce soir, je n'ai pas envie. Pas envie de dormir, pas envie d'écrire dans mon journal, pas envie de porter mes lunettes, pas envie d'être ailleurs, pas envie d'être quelqu'un d'autre.
Je suis de ceux que le bonheur touche.
Je m'en rends compte, doucement. Je suis certainement heureux, ou, si je ne le suis pas, je m'imagine que je m'en rapproche.
Je pensais être fâché avec le Bonheur, je pensais que quand tout allait bien, il allait forcément, irrémédiablement, m'arriver quelque chose de.......dramatique. Mais non, je me rends compte, seul, dans ma chambre, à 1h du matin, que non, que je suis bien.
Mes parents ne sont pas des exemples à suivre, mais ils sont là. J'aurais pu ne pas en avoir, comme beaucoup d'ailleurs j'ai eu cette sensation, mais je suis à présent conscient qu'ils sont une des épreuves que je dois affronter, et je leur pardonne leurs erreurs; ou plutôt, je leur demande pardon d'avoir sans cesse rejeté la faute de mon malheur de psychorigide sur eux.
Les humains m'ont toujours effrayé. Je suis comme ça, effrayé de ce que je connais, effrayé de ceux que je devine, effrayé de tout, de rien et de bien plus encore.
Pourtant, je comprends maintenant que je suis juste humain, je suis pas au-dessus, je suis juste différent. Je suis pas l'enfant linché, l'enfant abandonné, l'enfant seul contre tous, non, bien sûr que non. Je suis juste ma propre anomalie, le seul écrou qui fait volte-face, qui fait défaut dans la machine de ma vie.
Les introspections m'ont toujours tué. Chaque fois, c'était par rapport à quelqu'un, à quelqu'un que je croyais aimer, et je me remettais en question, ne sachant pas véritablement où était le problème. Maintenant, je sais. J'ai jamais vraiment aimé, encore maintenant, je m'illusionne à croire que, avec un début de sentiments, je peux me considérer amoureux, alors que non.
En 19ans, j'ai au moins appris ça de moi: je ne suis pas ce garçon insipide que je croyais être. Je suis moi, avec mes qualités, mes défauts, ma gueule et mon corps, ma mentalité et ma vision de la vie. En 19ans, j'ai appris à m'oublier, et, me faisant un mal pour un bien, je me suis abandonné pour mieux me retrouver.
Maintenant, je suis à mes côté, je suis "en phase". Et je n'ai qu'une envie, une seule: me garder.
Cupidon m'en voudra pour ces mots que je vais lâcher, mais il devra tout lire pour me comprendre.
Je me fou d'être amoureux. Je sais quand les gens le sont, je sais qui va avec qui, je sais rendre les gens heureux grâce à ça si vraiment ils en ont besoin; mais pour moi, pour le moment, je m'en fiche. Je n'ai pas à l'être, pas encore, je ne suis pas prêt à jouir de ce bonheur, bien que pourtant, je le connais mieux encore que ceux qui en profitent.
Ma quête de l'amour s'arrête quand je commence à m'aimer. Je suis surpris que personne n'ai pensé à énoncer cette vérité, qu'aucun auteur ou philosophe ne l'ai sortie avant moi.
Enfin, je suis heureux de pardonner, de diffuser généreusement, parce que je pense que la générosité est ce que je fais de mieux, de diffuser généreusement les effluves de Cupidon, sans plus ressentir le besoin ni l'envie d'en profiter, puisque je le sais, je suis bien tel que je suis.
Je suis fier de moi.