samedi 30 avril 2011

Perle Rosée

Mon désert interne souffre de n'avoir jamais pu épancher ma soif d'amour dans ses mirages d'oasis que je me suis créé.


Aujourd'hui, tout change. J'ai une oasis, tarissable, qui n'épanche que ridiculement ma soif, mais qui imite à merveilles le bien que je pourrais ressentir, le "Bonheur", en la buvant d'un trait, entière et tièdement douce.


Les corbeaux n'ont plus de raison me tourner autour: le soleil m'a seulement coloré l'esprit. Il m'a affaibli, certes, mais j'ai retrouvé la force de manger mes prédateurs, ces ombres noires, de vivre malgré l'Etoile; de surmonter le manque d'humidité, l'échos redondant de ma solitude, parmi les dunes de ce paysage interne.


Après avoir fait quelques pas dans ce sable limpide, j'ai gravé ces mots sur une pierre:

"Toi, mon Guide, qui a créé et l'oasis et l'envie de me relever, retournes-toi, reviens sur tes pas, et faisons en sorte que plus jamais entre ces dunes l'échos de la Solitude ne retentisse."

samedi 23 avril 2011

Temps-pie.

Les jours de pluie, les esprits refroidissent. Douces vulgarités au Soleil, sous l'emprise de l'eau, nos libidos n'ont plus de raison de se déchaîner. Le temps, dans le domaine météorologique, pas le temporel, nous influence de façon à ce que nous soyons de toute façon en osmose les uns avec les autres.



Le temps ruine chaque moment de notre vie. On ne sait être heureux que quand il fait beau, que « les oiseaux chantent », que la vie semble sourire par l'étrangeté cosmique. En revanche, l'orage, symbole ultime de la toute puissance de notre colère, est effrayant et nous pousse, en un éclair, à haïr le temps.



Le temps ruine chacun de nos sentiments. Par sa longueur, il créé un tapis de poussière, soufflé par les vents émotionnels qui nous viennent du cœur, détruits par les torrents de larmes que nos sentiments houleux viennent recouvrir. Ce n'est pas étonnant que les humains aient le cœur sec: vivre dans le souvenir d'un moment heureux, comme pour s'enfermer dans une temporalité en pause, heureuse et infinie, c'est presque ça le bonheur. D'autres préfèrent avoir le cœur inondé, la facilité étant pour ceux-là de se morfondre, de ruminer sans cesse ces perles de sel, les avaler, les faire rouler, imprimer leurs traces comme jamais sur ces joues que l'on aime marquer. Les claques, de la vie ou des autres, nous aident à rajeunir nos peaux trop souvent touchées par le temps.



Le temps est incompréhensible, imperceptible, impalpable, et pourtant dominé par l'homme. La facilité qu'ils ont, les Hommes, à s'en servir à leur fin autodestructrices, psychologiquement parlant, est juste incroyable.




Le temps est un ennemi, pour certains. Moi, j'ai le temps, je ne suis pressé de rien.

Il y a peu, le temps était neutre. Je me suis énervé, et il a plu, j'ai aimé et il a fait beau.

Il y a peu, j'ai pris un an de plus en un jour, ce fut rapide.

Maintenant, j'attends qu'il me voit, et c'est long.

jeudi 21 avril 2011

Le nouveau départ.

On utilise tous un masque. Un masque heureux, un masque triste, un masque extraverti.. Une flopée de masques dissimulant notre vérité intérieure, comme si l'on pouvait se permettre de voler aux gens leur libre arbitre, comme si on se pensait suffisamment fort pour ne pas être devinés, démasqués.
On a tous un masque, comme dans ces tragédies de la Grèce antique où les hommes, jouant des rôles de femmes, simulent une vie nouvelle, simulent une personnalité nouvelle, refont tous les un comme les autres une histoire vue et revue, répétée à l'extrême: l'hypocrisie.

Dans notre société, notre société actuelle du moins -quoique ça existe depuis la nuit des temps-, dans notre société, nous sommes tous hypocrites. Il est marrant que, dans nos vies, nous nous donnions en spectacle, dans une théâtralité constante, sempiternelle.
Nous sommes tous l'acteur de notre vie. C'est vrai, toute personne normalement constituée, est, de nos jours, dans sa propre représentation. On fait le paon. Seuls sur scène, nous sommes la seule vedette, offrant à un public réparti un spectacle ridiculement risible. "Public réparti", oui, car il existe quatre places différentes où installer les gens qui assistent à ce que nous offrons chaque jour: la fausse, où sont les gens que l'on aime peu, très peu ou pas du tout; les loges, où sont les gens qui nous poussent en avant, qui nous insufflent la force et le courage d'avancer; le balcon, où se situent ceux qui nous savent, nous connaissent mieux que nous-même, ceux envers qui nous possédons une confiance absolue; et enfin, la scène, que nous acceptons de partager avec LA bonne personne.

Je suis un piètre comédien. Je n'ai aucune facilité dans les masques, mais je sais les voir en un coup d'oeil. C'est certainement cette fausseté, ce sentiment de tromperie qui a fait de moi un comédien au public faussé -et trompé, et se situant uniquement dans la fausse-.
Je n'ai jamais réussi à amener quelqu'un dans ma loge, dans mes balcons, ou encore sur ma scène. Jusqu'à il y a peu de temps. J'ai découvert que les gens, une fois percés, sont parfois généreux, magiques et plein de vie; j'ai découvert que ce places ont été occupées longtemps -presque toutes, puisque la scène m'a toujours été exclusive- et que j'étais le seul à pouvoir m'en rendre compte.

Maintenant, j'ai grandi, et j'offre enfin et ma confiance, et la place libre à mes côté, mon coeur en somme. Comme des centaines de gens, j'ai décidé d'être heureux, d'avoir mon bonheur au bout des lèvres, au fond du coeur.

Ma vie peut changer en un battement de coeur. Ma vie est une pulsation, le pouls qui m'entraîne accélère, je pense être en train de devenir celui que je veux: j'existe enfin.

mercredi 6 avril 2011

Petite Graine deviendra Grande.

"Il suffit de mettre une graine dans le nombril d'une fille, et tu auras un bébé".
Voilà par quelle atrocité commence le mensonge de nos chers géniteurs. On met une graine, de fleur, de légume, d'arbre ou de cannabis, dans le nombril d'une femelle humaine, et on obtient un être qui nous est égal, qui aura souffert du même temps de cuisson que tous nos semblables.


Depuis très jeune, je m'intéresse à la Conception. C'est vrai, tout le monde sait ce qu'est la Conception: une Cigogne, un chou pour les X, une rose pour les Y. Depuis très jeune, je m'intéresse à la question que tout le monde se pose: mais quelle graine a-t-on utilisé pour me fabriquer ? A-t-on utilisé une graine de Cactus, expliquant que le soleil et le sable sont mes partenaires de jeu favoris ? Ou bien peut-être une Ronce, tranchante et figée, disgracieuse et fragile ?


Depuis toujours, j'ai cherché ce qui caractériserait le plus la fleur dont serait issue la graine qui m'amena à la vie. Depuis tout ce temps, je me suis demandé des dizaines et des dizaines de fois "mais pourquoi, pourquoi donc n'y a-t-il aucune réponse ?". C'est alors que j'émis une liste d'idée, une liste de chose que je pense, sans prétention, représenter..:


"Minuscule. Ayant une facilité dans les groupes. Proche de la Lune. Adorateur du Soleil. Né sous le signe de Mars. En opposition avec Venus. Langue sèche. Toujours plein d'énergie. A deux doigts de faner. Ayant un grand besoin d'eau. N'aimant pas les vélos. De toute évidence proclamant de la maigreur. Ayant du style. Avec un mauvais caractère."


En somme, je suis certainement issu d'une plante vivant dans le désert, à l'abri des vélos, plus fine que toutes puisque seule, accompagnée cependant d'un attroupement de grains de sables, toujours orienté vers le Soleil et dans une immensité particulière, toujours effleurée par le Clair de Lune. Je suis certainement dans la lignée de ces plantes aux racines antérieures, profondément ancrées dans ce sol malsain, cette Terre Maudite, je suis certainement la nouvelle génération de Plantes Guerrières, uniquement masculines, à la beauté incomparable, et surtout, aux épines puissantes et vénéneuses.


Je suis tout bêtement une Fleur des Sables, issue de mon imaginaire lointain. Je suis juste moi, je ne viens pas d'un chou, pas d'une rose, pas d'une cigogne. Je viens juste d'un utérus, et de la fécondation d'un spermatozoïde XY, dans ce même utérus..


La vie n'a rien de marrant si je ne suis pas une fleur, si on m'enlève tout droit à l'imagination, à l'innocence, à ce que je souhaite. C'est pas si grave, si je prends quelques minutes pour croire que la vie est aussi belle que je l'imagine, si j'accepte de croire que oui, je viens d'une plante..


Je dois y aller, la Cigogne m'attend.